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PANDORA's boxTu me tues. Tu me fais du bien. |
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February 24 Murmure au ralenti
Encore une fois la musique m'a avalé comme les autres fois ici au Scaramouche, avec une chaleur un peu tuante, car quand on est arrivé tout le monde était en train de bouffer y'avait plus de place, là t'avais l'impression que c'était un four ce bar, mais j'ai entendu le jazz, ils jouaient au fond, j'étais contente. Une nuit du saxophone, j'aime ce changement, différent que d'habitude. Quand les deux saxophonistes jouaient ensemble, je sentais que les notes me fondaient jusqu'au os, terrifiantes...mais quand même la première moitié de cette soirée était imparfaite, car j'ai tenté d'écouter à fond de la musique par-dessus la logorrhée des gens à ma gauche, en plus un homme son rire était bien démon on peut le dire. Une heure plus tard, l'ambiance devenait très bonne, les gens ont tous fini manger, on ne voyait plus de bordel sur la table, et y'en a qui est parti, du coup l'air devenait plus frais que tout à l'heure, là le reste les gens c'était pour ce jazz show. Ensuite, ce qui me surprenait tellement, c'était le moment où les deux jeunes garçons d'age de 15 ans à peu près commençaient à jouer du saxophone et de la trompette ensemble, là ce show devenait vraiment énorme. J'aime ce genre de moment, c'est que des surprises apparaissent sans prévu, comme si tu marchais dans le désert, t'étais tombé sur un jardin en plein de fleurs que tu n'osais pas rêver. C'était magique cet'instant, ils jouaient aussi bien que les deux premiers saxophonistes, c'est en ce genre de moment je regrette toujours ne pas savoir jouer de aucun instrument. Quand j'étais toute petite mon père a essayé de m'apprendre à jouer du violon, mais au bout de 2 mois je l'ai abandonné, je ne sais plus pourquoi, mon père était déçu de moi, oui il'en était souvent déçu même les années plus tard, c'est l'autre histoire. Peut-être j'ai toujours un problème de n'arriver pas à me concentrer sur un projet, ou l'autre cause, je sais pas trop. Ça fait longtemps que je n'ai plus envie de m'explorer, ou je n'ose pas, ou rien. Tout est neutre, en ce moment. Reviens au sujet, oui, ces deux jeunes garçons, juste une demi-heure plus tôt de leur show, j'ai remarqué qu'ils étaient derrière nous en regardant la scène, calmes et timides, je pensais que ils étaient comme nous les spectateurs c'est tout, j'avais juste une pensée qui passe dans ma tête, c'est que: étonnant, c'est la première fois que je vois les lycéens qui viennent ici pour écouter une sorte de musique plutôt trop calme pour eux, après voilà j'ai eu la bonne surprise. Ça a confirmé encore une fois ça: ne pas juger les gens trop vite. Je les aime bien, c'est bien le genre que j'apprécie beaucoup: avoir du talent, mais calme et discret. C'était mercredi soir le 18 février.
Samedi soir c'était l'autre chose, bien au contraire l'ambiance, j'étais en concert de black metal avec mes amis au Mondo Bizarro, y avait un groupe espagnol et l'autre de rennes. Du bon son, là ce n'est plus le mot ''fondre'', le gros son traversait mon corps, mon verre à la main vibrait en rythme, t'avais envie de casser tout, pourtant j'étais bien calme, je préférais sentir profondément être traversée et être détruite. Vu des furieux au premier rang, c'était complètement dingue. Ce groupe rennais leur style c'est plutôt death metal, la peinture noire bordel sur leurs figures qui se fondait par la chaleur, et puis la lumière rouge, la guitare solo comme un coup de cyclone, l'hurlement comme des animaux, vraiment terrifiant. Du coup je pensais à une chose: y'en a qui fait une sorte de musique furieuse c'est pour enfin retrouver sa propre tranquillité, pour être normal; y'en a qui fait les choses de malade(ici je dis malade selon le regard des autres) c'est pour ne pas être malade, sur ce point là je dirais Marilyn Manson, s'il faisait pas sa musique, ses dessins et sa propre manière de se montrer au public, probablement il deviendrais psychopathe ou tueur en série ou quelque chose pas très loin de tout ces genres; y'en a qui fait des choses d'extrême c'est pour ne pas vivre à l'extrême. Car tout ces actions sont comme une autre porte ouverte vers le bien vers le paradis, et sont pour se guérir eux-même. Et moi, également. Mais j'hésite un peu de m'analyser, car je sens un danger de retourner dans l'incertitude d'un espace de ne pas pouvoir comprendre.
Maintenant tout ça me rappelle de Unica Zurn, dans l'instant où elle s'est jetée par la fenêtre, elle a retrouvé sa tranquillité, en cet'instant la beauté absolue est née, pourtant le destin de la beauté absolue est la mort. Comme disait Nick Cave dans sa chanson « Where the wild roses grow »:
On the last day I took her where the wild roses grow
C'est le noir, très.
Hier j'ai lu un news sur internet, voici un lien:http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/la-tele-realite-anglaise-atteint-ses-limites-avec-le-cancer-d-une/1055/0/317713 ça m'a choqué, cette participante connue du monde sur l'émission ''Big brother'' qui a lancé des propos racistes avec sa grande gueule contre Shilpa Shetty(actrice indienne), elle a dit: ''Je suis née devant les caméras, je mourrai aussi devant.'' Donc avec cette manière extrême réelle, elle va finir en laissant une empreinte très forte qui nous fera nous interroger nécessairement à notre propre vie. La télé réalité, Jade Goody, c'est assez atroce, surtout quand on voit sa tête à présent toute chauve. On vit dans un monde où chaque jour le monde se fait crever les yeux un peu plus, et où l'on se fait toujours dépasser. Il faudra apprendre à vivre différemment...plus vite...
Dictionnaire joyeux
Voici un petit lexique de mots joyeux qui compose cette image la plus belle de mon Sziget:
Pépin, Mitch, chichi, Ricos, Cabanon, Bariton, Président, Team boite, Mougette, Long island ice tea, Mojito, Karaoké débile, Palinka(trop fort), Marqueur Bic, Tatouage(je l'ai fait pour tous ces gars avec ce marqueur, puis on voyait que de gangsters, héhé), diner à la recette mixte internationale suisseallemandefrançaise(le résultat était vraiment étrange, pas terrible si tu veux savoir, mais on avait vraiment faim faim faim! donc ce plat worldremix a été fini bien vite), Tente innombrable, Poussière, Concert, Bikini, Un regard, Hongrie, Budapest, Yo napot, Vislat...
Si je me rappelle encore de mots joyeux, je rajouterai après...
November 11 L'alcool-2008Voilà ce party que j'aimais, je l'ai raté stupidement...une fois par an cette fête...on a payé chacun 10 euros pour le ticket quelques jours plus tôt avec mon coloErwan, j'ai même acheté un petit vêtement pour cette soirée et voulais porter mes bottes que je les porte rarement d'habitude...mais c'était tout raté, vraiment génial! Avant d'aller au jardin moderne, j'étais déjà complètement bourrée chez David, l'histoire de rentrer chez moi était racontée par les amis après, moi je me rappelle de rien rien rien, c'est horrible. Enfin le pauvre ticket était cloué sur le mur dans toute la nuit de helloween, mon coloErwan n'a pas pu passé une bonne fête à cause de moi, imagine, tout seul, d'avoir bu juste une bière, c'était pas très drôle, y resté en tout une heure et demi, puis rentré assez tôt vers 2:00 du matin...le voilà excellent cette helloween de l'année 2008!
A cause de l'alcool.
J'aime être bourrée de temps en temps, laisser sortir mon esprit ailleurs, mais cette fois ça a dépassé la mesure, de ne pas blesser les autres par ma propre faute. Et une engueulade entre les amis en sujet responsabilité me rendait regret.
Apprendre à se contrôler est une absence mortelle.
Tiens, la semaine dernière je sortais tous les soirs, c'était fou, mais j'étais jamais soûle, wouh.
L'alcool, c'est un paradoxe valse.
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Bon, après je vais parler de mon Sziget, je sais c'est drôle, on est déjà en novembre, j'en suis bien en retard, mais la sédimentation est pour retrouver, n'est-ce pas?
Il faut prendre des notes.
September 07 Un point-2008Heyyyyyy! Je reviens finalement, après Sziget je me baladais encore partout, car être sur la route est vraiment trop bien...Je dis "excuse mon absence" à ceux qui ont laissé des messages sympas sur mon blog, et les photos et les histoires que l'attendez vous vont se parler, un petit peu de patience...
Des jours de paradis se terminent, le voilà la rentrée le 15, snifff, me remets au sérieux après une liberté extrême, ça va être dur...snifffff...
August 08 Mon Sziget!!!-2008Pars pour Sziget à Budapest, je reviens le 21, ciao!
Grâce à Frédéric, merci!
April 14 Staccato No.5-2008Parfois j'ai quand même envie de détruire tout, dans ce processus j'avais atteint plusieurs fois ma limite, je me disais, "...bon, j'en peux plus, faut que..." mais quelques images frappantes qui entourent mon cerveau enfin me poussaient jusqu'au bout. L'examen s'est bien passé, la réaction du jury me donne la force à continuer et de là j'ai encore trouvé quelques choses assez importantes. C'est pas encore fini avec cet espace je le sais, pour la fin ce sera d'autre chose. Y a des moments où on est tellement vulnérable. Comprendre sans penser, c'est bien ce que j'ai besoin en ce moment. March 18 Staccato No.4-2008
Au début c'était juste un geste inconscient, qui n'avait rien à porter. Mais de là j'avais trouvé un intérêt sans but sans chemin, assez pur, seulement une envie des rassembler. C'était la première image, avec un peu de lumières restant dans l'idée de l'essai.
Le travail avance, ça donne déjà complètement d'autre chose, inconnue et troublante, silencieuse et intense.
Je descends par cette rue, glisse dans la foule, ça me rappelle le métro de Paris, les moments d'imbroglios avec les masses, des visages blasés se croisaient dans l'espace étouffé, mais étrangement une ambiance si vide. Pourtant je savais qu'un recoin inexploré était caché dans chaque corps, tout le monde y plongait, se perdait, c'étaient les moments bien contradictoires mais charmants aussi.
Des fois on croit une sorte d'absence, on est tellement fasciné par sa lumière inaccessible.
Un corps froissé.
Deux, trois, quatre, cinq, six...froissés...
Ce mur a l'air assez solide.
March 01 Staccato No.3-2008En fait ce n'est qu'une sorte de bonheur passager, assez court, pris peu de place à la surface du temps. Pourtant ce fait paraît de moins en moins explicable, un souvenir qui ne s'estompe pas, presque au contraire. Je cherche à comprendre, pose les causes, assez simple. Mais j'ai du mal à penser à fond, même si ce schéma se présente devant mes yeux. L'erreur que j'ai fait m'avait apporté une autre question s'ancrant dans l'idée dangereuse, qui n'a jamais de réponse. Si ce dimanche-là je n'y étais pas allée, est-ce que on se croiserait jamais? Puis tout serait 0. Moi j'ai marre de me poser ce genre d'hypothèse.
Je sais je suis heureuse maintenant mais pourquoi je suis triste quand même?
Tu es encore là, c'est une exception si extraordinaire.
Staccato No.2-2008 You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
You Want Romance?
J'adore ce groupe! ==> Funeral for a Friend
February 03 Staccato No.1-2008Incompatibilité
Tout là-haut, tout là-haut, loin de la route sûre,
Des fermes, des vallons, par delà les coteaux, Par delà les forêts, les tapis de verdure, Loin des derniers gazons foulés par les troupeaux, On rencontre un lac sombre encaissé dans l'abîme Que forment quelques pics désolés et neigeux ; L'eau, nuit et jour, y dort dans un repos sublime, Et n'interrompt jamais son silence orageux. Dans ce morne désert, à l'oreille incertaine Arrivent par moments des bruits faibles et longs, Et des échos plus morts que la cloche lointaine D'une vache qui paît aux penchants des vallons. Sur ces monts où le vent efface tout vestige, Ces glaciers pailletés qu'allume le soleil, Sur ces rochers altiers où guette le vertige, Dans ce lac où le soir mire son teint vermeil, Sous mes pieds, sur ma tête et partout, le silence, Le silence qui fait qu'on voudrait se sauver, Le silence éternel et la montagne immense, Car l'air est immobile et tout semble rêver. On dirait que le ciel, en cette solitude, Se contemple dans l'onde, et que ces monts, là-bas, Écoutent, recueillis, dans leur grave attitude, Un mystère divin que l'homme n'entend pas. Et lorsque par hasard une nuée errante Assombrit dans son vol le lac silencieux, On croirait voir la robe ou l'ombre transparente D'un esprit qui voyage et passe dans les cieux. ---Charles BAUDELAIRE---
February 01 2008
Mes résolutions(hey! sérieusement) pour l'année 2008
_________________________________________________________________________________________________________________ Ne plus imaginer des choses car la vérité est souvent bien au contraire. _________________________________________________________________________________________________________________ Ne plus me coucher trop tard car le destin d'un animal nocturne est de se perdre dans la journée. _________________________________________________________________________________________________________________ Continuer d'être toujours franche car je trouve cela m'aide à approcher de la vérité et d'être éloignée de la douleur. _________________________________________________________________________________________________________________ Faire des choses comme un vrai adulte car ma naïveté sera un gros repas du piège de l'autre. _________________________________________________________________________________________________________________ Continuer de détester la télé car ce truc est vraiment trop nul. _________________________________________________________________________________________________________________ Ne pas juger quelqu'un trop vite car enfin ce que j'ai trouvé me surprenait toujours. _________________________________________________________________________________________________________________ Ne plus être souvent en retard pour des cours de l'école.(hummm c'est dur!) _________________________________________________________________________________________________________________ Téléphoner régulièrement à mes parents, ne plus faire le genre de disparaître.(coupable!!!!) _________________________________________________________________________________________________________________
Ne plus m'en tenir au perfectionnisme.(si j'ai vraiment envie d'être heureuse.)
_________________________________________________________________________________________________________________ Agir au lieu de parler justement.(éhhh ça c'est vraiment mon problème grave!)
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Enfin, on verra...
January 19 fragment 10-2008Une masse
je parle
la courbe charmante de Jazz flotte dans l'air
je suis là
mais je suis ailleurs, je sais.
Les traits gris,
rire rire encore rire
ils n'arrêtent pas
moi aussi
mais cette transparence m'étouffe
son regard
et ses mots.
Oui, encore une fois
parmi cette masse
je vois le miroir, énorme
brusquement
oui, encore une fois.
J'ai trop froid, tu sais?
je sens que ta main glisse sur mon corps
sur ma bouche avec une température de -50°
je te vois pas, je te vois pas
jour et nuit
tout sourire
dis-moi, est-ce que mon éclat sera immense?
Tu vois,
cet acrobate il en est satisfait
il m'a dit
te fais boire le vent
plonge sous la terre, mais étrange ce qu'il a dit, non?
Encore une fois,
avale des yeux
on tous
sur la scène
se voit
se songe
se tue.
A demi mot perdu
au retour
de ce miel
de tes mots
partance pour nulle part.
(écrit pour quelqu'un que j'aimais)
January 16 fragment 9-2008
C'est cela que je vois, tomber des couleurs, un instant et dans un grand miroir de angles aigus, de sables mouvants une minute! L'écho multiple, du coup uniquement une question j'ai bien descendu?
J'y ai cru, j'y ai cru, à ce splendide nez des infinis possibles!
Devant. Tourner au noir. De là, j'ai perdu ma langue et je ne sens plus rien.
January 06 fragment 8-2008November 15 fragment 1-2007 Avec les autres femmes, il ne dormait jamais. Quand il allait les voir chez elles, c'était facile, il pouvait partir quand il voulait. C'était plus délicat quand elles venaient chez lui et qu'il devait leur expliquer qu'il les raccompagnerait chez elles après minuit car il souffrait d'insomnie et ne parvenait pas à s'endormir près de quelqu'un. Ce n'était pas loin de la vérité, mais la raison principale était pire et il n'osait l'avouer à ses compagnes: dans l'instant qui suivait l'amour, il éprouvait un insurmontable désir de rester seul. Il lui était désagréable de se réveiller en pleine nuit à côté d'un être étranger; le lever matinal du couple lui répugnait; il n'avait pas envie qu'on l'entendît se brosser les dents dans la salle de bains et l'intimité du petit déjeuner à deux ne le tentait pas.
C'est pourquoi il fut tellement surpris quand il se réveilla et que Tereza le tenait fermement par la main! Il la regardait et il avait peine à comprendre ce qui lui était arrivé. Il évoquait les heures qui venaient de s'écouler et il croyait y respirer le parfum d'un bonheur inconnu.
Depuis, tous deux se réjouissaient d'avance du sommeil partagé. Je serais presque tenté de dire que, pour eux, le but de l'acte d'amour n'était pas la volupté mais le sommeil qui lui succédait. Elle, surtout, ne pouvait dormir sans lui. S'il lui arrivait de rester seule dans son studio (qui n'était de plus en plus qu'un alibi) , elle ne pouvait fermer l'oeil de la nuit. Dans ses bras, même au comble de l'agitation, elle s'assoupissait toujours. Il lui racontait à mi-voix des contes qu'il inventait pour elle, des riens, des mots rassurants ou drôles qu'il répétait d'un ton monotone. Dans la tête de Tereza, ces mots se muaient en visions confuses qui la menaient au premier rêve. Il avait tout pouvoir sur son sommeil et elle s'endormait à la seconde qu'il avait choisie.
Quand ils dormaient, elle le tenait comme la première nuit: elle serrait fermement son poignet, son doigt, sa cheville. Quand il voulait s'éloigner sans la réveiller, il devait agir avec ruse. Il dégageait son doigt (son poignet, sa cheville) de son étreinte, ce qui la réveillait toujours à demi, car elle le surveillait attentivement jusque dans le sommeil. Pour la calmer il lui glissait dans la main, à la place de son poignet, un objet quelconque (un pyjama roulé en boule, une pantoufle, un livre) qu'elle serrait ensuite énergiquement comme si c'était une partie de son corps.
Un jour qu'il venait de l'endormir et qu'elle était dans l'antichambre du premier sommeil où elle pouvait encore répondre à ses questions, il lui dit: "Bon! Maintenant, je m'en vais. ---Où ça? demanda-t-elle. ---Je sors, dit-il d'une voix sévère. ---Je vais avec toi! dit-elle en se dressant sur le lit. ---Non, je ne veux pas. Je pars pour toujours", dit-il, et il sortit de la chambre dans l'entrée. Elle se leva et le suivit dans l'entrée en clignant des yeux. Elle ne portait qu'une courte chemisette sous laquelle elle était nue. Son visage était immobile, sans expression, mais ses mouvements étaient énergiques. De l'entrée, il sortit dans le couloir (le couloir commun de l'immeuble de rapport) et ferma la porte devant elle. Elle l'ouvrit d'un geste brusque et le suivit, persuadée dans son demi-sommeil qu'il voulait partir pour toujours et qu'elle devait le retenir. Il descendit un étage, s'arrêta sur le palier et l'attendit. Elle l'y rejoignit, le saisit par la main et le ramena près d'elle, dans le lit.
Tomas se disait: coucher avec une femme et dormir avec elle, voilà deux passions non seulement différentes mais presque contradictoires. L'amour ne se manifeste pas par le désir de faire l'amour (ce désir s'applique à une innombrable multitude de femmes) mais par le désir du sommeil partagé (ce désir-là ne concerne qu'une seule femme). ----Milan Kundera
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